Information stratégique et recherche

La disponibilité d’informations stratégiques qui assurent une connaissance des besoins des populations à desservir et nécessaires pour une prestation efficace de services.

À l’heure actuelle, nous manquons de données précises sur les communautés francophones en situation minoritaire qui nous permettraient d’établir des stratégies sanitaires ciblées sur le plan régional ou local. On connaît mal les habitudes de vie liées à la santé des francophones telles que l’alimentation, l’activité physique, le tabagisme ou leur utilisation des services de santé.

Connaître davantage l’état de santé des populations permettrait de mieux cibler les programmes et les infrastructures à mettre en place de même que les campagnes de promotion de la santé ou de prévention des maladies.

La mise sur pied d’une chaire de recherche, le développement des capacités de recherche des partenaires du consortium pancanadien pour la formation, le réseautage des chercheurs sont autant de moyens de créer un cadre de recherche pour la cueillette et l’analyse de données pertinentes et fiables sur les communautés dans le but de mieux orienter les mesures à prendre.

Utilisation des nouvelles technologies

L’utilisation de technologies qui permettent de briser l’isolement de certaines communautés.

Pour desservir les communautés éloignées ou ne comptant qu’un petit nombre de francophones, la télémédecine peut offrir des avenues intéressantes. Par exemple, un francophone vivant à New Liskeard dans le Nord de l’Ontario, accompagné d’un médecin généraliste ou d’une infirmière praticienne, pourrait bénéficier d’une consultation avec un cardiologue d’Ottawa par l’entremise d’une caméra et d’un système de transmission des données médicales.

Le développement de l’inforoute de la santé permettra de communiquer rapidement et efficacement par le son, l’image et la transmission de données avec un grand nombre de points de service partout au pays.

Cette infrastructure pourra également être utilisée pour offrir au personnel médical de régions isolées l’occasion de se perfectionner du point de vue professionnel en leur permettant de participer à des activités de formation par voie électronique.

L’établissement de meilleurs réseaux de communication facilitera également l’échange entre diverses institutions de renseignements sur des patients francophones, assurant un meilleur suivi de l’usager dans le système de santé.

Les lieux d’accueil

L’implantation de lieux d’accueil ou infrastructures pour la prestation de services de santé en français.

Parce qu’on y a parfois recours en situation de vulnérabilité, il est important d’avoir des lieux où l’on sera sûr que le service sera dispensé en français et où l’on n’aura pas à insister pour obtenir ce service.

Le Comité recommande que l’accent soit mis sur les soins primaires parce que la communication entre l’intervenant et l’usager revêt une importance particulière dans ce cas. Cependant, puisque les communautés ne sont pas toutes au même niveau de développement et qu’elles font face à des défis divers, certaines choisiront d’investir dans des services plus spécialisés. Ce sont les réseaux régionaux qui établiront ces priorités, adaptées à la réalité de leur communauté.

De nombreux modèles de prestation de services existent dans nos systèmes de santé : médecins pratiquant seuls ou en clinique, avec ou sans l’appui d’autres professionnels de la santé, ligne info-santé, centre de santé communautaire, etc. Des communautés différentes choisiront forcément des modèles différents en fonction de leurs besoins.

L’aspect le plus important est que ces initiatives soient compatibles avec le système de santé de la province ou du territoire concerné et qu’elles s’inscrivent dans le continuum de soins.

La formation

Le déploiement d’activités de formation qui assurent la disponibilité de professionnels de la santé pouvant s’exprimer en français

Le nombre d’inscriptions dans les programmes de formation en santé est insuffisant pour pallier la pénurie de professionnels de la santé pouvant s’exprimer en français. Il faudrait tripler, ou même quadrupler, le nombre d’inscriptions de francophones dans les programmes de formation en santé.

Le lieu et la langue de formation sont deux facteurs importants de l’équation. L’expérience démontre que les futurs professionnels de la santé ont tendance à ne pas revenir dans leur région d’origine lorsqu’ils fréquentent un établissement de formation loin de leur domicile. Ceux et celles qui optent pour étudier dans un établissement anglophone, quant à eux, pratiquent rarement leur profession en français par la suite.

Il est donc crucial que les programmes de formation, par l’intermédiaire de stages pratiques, favorisent un contact de l’étudiant avec sa région d’origine, et ce, le plus fréquemment et longtemps possible. Les expériences comme le Partenariat Acadie-Université de Sherbrooke ou le Centre national de formation en santé, situé à Ottawa, ont déjà ouvert la voie dans cette direction. Il faut accroître le nombre d’expériences de la sorte dans les communautés.

Le Centre de formation et le consortium

L’actuel Centre national de formation en santé (CNFS), un projet-pilote présentement coordonné par l’Université d’Ottawa, a été mis sur pied en janvier 1999 grâce à une aide financière de 10 millions de dollars du ministère du Patrimoine canadien, dans le but d’accroître les efforts de formation en santé au sein de la francophonie minoritaire.

Jusqu’à ce jour, le CNFS et ses partenaires ont notamment réalisé :

 

  • La formation de quelque 110 nouveaux étudiants qui sont inscrits au cours des quatre dernières années dans les programmes de santé à l’Université d’Ottawa;
  • La création d’une équipe pluridisciplinaire d’une quinzaine de spécialistes qui animent des programmes de formation clinique à l’Hôpital Montfort et le développement de ressources multimédia et la documentation connexe disponibles à distance pour répondre aux besoins de précepteurs cliniques dans diverses régions;
  • Des partenariats, principalement en sciences infirmières, qui ont permis la formation de quelque 40 étudiants additionnels à distance à travers le pays.

    Ces partenariats ont permis d’implanter, par exemple, un programme de sciences infirmières au Collège universitaire de Saint-Boniface, au Manitoba, de faire profiter des étudiants disséminés à travers le Canada du déploiement de programmes à distance et de mettre sur pied des stages cliniques et pratiques en régions.

    La deuxième phase, qui se déroulera de 2003 à 2008, vise à instaurer un Consortium pan-canadien, regroupant une dizaine d’établissements universitaires et collégiaux répartis à travers le pays. Elle profitera d’ententes de formation inter-provinciales existantes, ainsi que d’un réseau de coordonnateurs en liaison avec toutes les communautés. Le Consortium veut rendre la formation dans le domaine de la santé plus largement accessible en s’appuyant sur les deux pôles majeurs déjà en place – le Nouveau-Brunswick et l’Ontario – et favoriser le renforcement de nouveaux pôles dans les autres régions et provinces.

    L’objectif principal du Consortium est d’accroître le nombre de professionnels et professionnelles francophones par l’accès élargi aux programmes disponibles et par un déploiement de la formation à travers le pays.

    L’utilisation de divers mécanismes est prévue pour atteindre cet objectif, dont la formation clinique et pratique dans les communautés de provenance, le développement de programmes dans ces communautés ou plus près d’elles, à l’aide de partenariats inter-institutionnels et le développement de formations complémentaires/en partenariat à l’aide de la formation à distance.

    Pour en savoir plus sur le Centre national de formation en santé et le consortium de formation.

 

Une stratégie pour améliorer l’accès

Au Canada, pays où cohabitent deux communautés de langue officielle, un service de santé de qualité doit être offert aux francophones en français.

On sait que la barrière de la langue influence la qualité des services, qu’elle réduit le niveau de satisfaction des patients, qu’elle augmente la durée de temps de consultation et le nombre de tests diagnostiques, qu’elle diminue la probabilité de fidélité aux traitements et qu’elle réduit le recours aux soins préventifs.

Aujourd’hui, au Canada, il serait de 3 à 7 fois plus difficile pour un francophone que pour un anglophone d’avoir accès à des services de santé dans sa langue maternelle. Il est certain que la situation peut varier d’une région à l’autre, mais il est clair que des améliorations sont possibles partout.

Ces améliorations ne seront pas possibles sans un engagement du milieu, une volonté politique et des structures institutionnelles qui facilitent l’action.

Une stratégie pour améliorer l’accès devra agir autant sur l’offre que sur la demande, s’appuyer sur un effort concerté, tenir compte des différences régionales et prévoir la participation de la communauté.

Dans chacune des communautés, les initiatives doivent s’inscrire dans une stratégie globale et cohérente. La stratégie que propose le Comité consultatif des communautés francophones en situation minoritaire, créé par le ministre fédéral de la Santé, s’articule autour de cinq leviers d’intervention : cinq éléments imbriqués les uns dans les autres et implantés en fonction d’une logique et d’une réalité locales.

Santé en français

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Un plan d’action pour des services de santé en français

Depuis le printemps 2000, les membres du Comité consultatif des communautés francophones en milieu minoritaire (CCCFSM) travaillent à améliorer l’accès aux services de santé en français dans toutes les régions du pays. Initialement formé par le ministre de la Santé Allan Rock, ce groupe réunit des professionnels et professionnelles de la santé, des gestionnaires d’institutions de santé et de formation, des fonctionnaires fédéraux et provinciaux, de même que des personnes représentants les communautés francophones et acadiennes.

S’appuyant sur des données recueillies dans 71 communautés francophones du pays, le Comité a d’abord posé un constat de base qui donne une idée de l’ampleur du travail à accomplir: Les francophones d’aucune région du pays n’ont accès à la pleine gamme des services de santé dans leur langue. De plus, les services offerts en français varient grandement d’une région à l’autre. Certaines communautés en sont encore à prendre conscience de l’importance du problème, alors que d’autres développent actuellement leurs institutions de santé, ou en sont même à prendre en charge la gestion de leur réseau d’institutions.

Ce constat a amené le comité à établir clairement qu’une collaboration fédérale-provinciale dans le domaine de la santé en français est souhaitable, pour amener les améliorations partout nécessaires, mais que les approches spécifiques doivent tenir compte de la situation particulière de chaque province et territoire, et dans plusieurs cas de chaque région.

À l’automne 2001, le Comité a déposé au ministre de la Santé un plan d’action basé sur ces constats. Il interpelle toutes les parties impliquées: Les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral; les institutions de santé et de formation; les professionnels et professionnelles de la santé; et les communautés elles-mêmes.

La démarche proposée par le comité invite les gouvernements à voir les services de santé en français comme un élément essentiel à l’amélioration de l’état individuel de santé des francophones et à l’appropriation de la santé par les communautés. C’est un investissement rentable qui améliore la qualité des soins offerts à tout un segment de la population.

En effet, certaines études sur les barrières linguistiques dans les services de santé laissent supposer que soigner un patient dans sa langue maternelle apporte des bénéfices à plusieurs niveaux. Cela améliore les efforts de prévention des maladies; diminue le temps de consultation et les nombre de tests nécessaires; augmente la fiabilité des diagnostiques et des traitements; relâche la pression sur les salles d’urgences; et augmente la satisfaction des usagers face aux services obtenus.

Le plan d’action prévoit des interventions dans cinq grands domaines:

 

  • Le développement de réseaux qui permettent d’animer et de concerter le milieu autour d’enjeux reliés à la santé et de planifier le développement de services de santé en français;
  • Le déploiement d’activités de formation qui assurent la disponibilité de professionnels de la santé pouvant s’exprimer en français;
  • L’implantation de lieux d’accueil ou infrastructures pour la prestation de services de santé en français;
  • La disponibilité d’informations stratégiques qui assurent une connaissance des besoins des populations à desservir et nécessaires pour une prestation efficace de services;
  • L’utilisation de technologies qui permettent de briser l’isolement de certaines communautés.
    Ce plan d’action a été validé par les différents intervenants lors d’un colloque réunissant près de 250 personnes de toutes les régions du pays, en novembre dernier à Moncton. Suite à ce colloque, plusieurs réseaux ont commencé à se constituer.

    En plus d’aider la formation de ces réseaux, le Comité contnue à conseiller Santé Canada sur les démarches à entreprendre pour améliorer les services de santé en français. Il cherche également à diffuser le plus largement possible des informations pouvant aider les divers intervenants et la population francophones vivant en milieu minoritaire à intervenir dans le débat actuel sur le système de santé.

    Ce site web est l’un des moyens mis à la disposition du public pour s’informer. Que vous oeuvriez dans le réseau de la santé, au sein d’organismes communautaires, ou simplement une personnes s’intéressant à la question des soins de santé en français, vous y trouverez de quoi alimenter vos réflexions.

 

Comité consultatif

Mandat


 

  • Assister et conseiller le ministre de la Santé sur les questions relevant du mandat de l’administration fédérale en matière de santé afin de développer les communautés francophones en situation minoritaire et de favoriser leur épanouissement.
  • Donner son avis sur les initiatives en cours d’élaboration afin d’en optimiser les impacts sur les communautés francophones en situation minoritaire au Canada.
  • Offrir une tribune pour participer à la mise à jour du plan d’action pluriannuel visant à aider le Ministère à s’acquitter de ses obligations en vertu de la partie VII de la Loi sur les langues officielles.
  • Favoriser une meilleure information et consultation des communautés et une plus grande sensibilisation du ministère aux réalités des communautés francophones en milieu minoritaire en communiquant les grandes de ses délibérations.